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#06
OCTOBRE 2009

1/1

L'ÉDITO

La télé réalité du XXIe siècle s’installe dans votre cuisine, ouvre les placards de votre vie intime et fait semblant de s’intéresser à vos goûts. Tout cela parce qu’elle vous donne le sentiment de pouvoir vivre le quart d’heure de célébrité si cher à Andy Warhol, sous prétexte que vous savez couper deux carottes et un navet. Une drôle de tambouille, vraiment. L’image des placards et de la cuisine est toutefois moins cynique, semble-t-il, lorsqu’elle concerne Un dîner presque parfait. Le concept de l’émission phénomène de M 6 est d’une simplicité biblique. On sélectionne cinq amateurs de cuisine au sens vrai du terme (c’est-à-dire pas de professionnels, quoique…), dans une ville ou dans une région. Puis on les oblige à se recevoir tour à tour chaque soir d’une semaine et à se noter entre eux. Qui pour le décor, qui pour l’ambiance, qui pour ce qu’il y a dans l’assiette. L’émission fait recette. Le téléspectateur se régale de ces joutes parfois maladroites, qui respirent la proximité et glissent au passage quelques bonnes idées pour la table. Il se délecte du climat excitant du défi. D’autant qu’après les rencontres locales il y aura la finale régionale, avant de terminer, cerise sur le gâteau, par une finale nationale. 

Claude Buffey, un retraité pas encore septuagénaire de Flagey-Echezeaux a vécu cela, avec une certaine philosophie. Sollicité lors d’un premier casting en 2007, il lui avait alors suffi de dire ce qu’il savait faire pour être retenu. Deux ans plus tard (un délai que justifient les inévitables discussions entre une boîte de production et une chaîne de calibre), il se retrouve enfin dans le « club  des cinq » dijonnais, sous l’œil de la caméra. Un potage de potimarron avec truffes et un saint-pierre aux deux sauces plus loin (avec de la lie de clos vougeot pour le rouge et de la lie de morey blanc pour le blanc s’il vous plait !), voilà que notre maître-queux en herbe termine premier ex-aequo de la compétition. Et décroche son billet pour la finale régionale. Alors, Claude n’hésite pas à rameuter dans son jardin les Cadets de Bourgogne. Ses concurrents sont épatés par les chanteurs bourguignons et l’expédient manu militari vers la finale du Grand Est. Là, sous les yeux bienveillants de Cyril Lignac et de Georges Blanc, il s’incline face au redoutable Grégory, le futur vainqueur au niveau national. Un bien beau parcours ! Sauf, qu’à aucun moment on aura vu les étiquettes des vins tastevinés ou de chez Bertagna choisis par notre représentant pour accompagner ses plats. Pas plus qu’il ne sera question une seule fois, malgré au moins une dizaine d’heures de diffusion à grande écoute, des accords mets et vins. 

Tout ça, c’est fini, on n'en parle plus. Les producteurs du petit écran pratiquent l’autocensure (on les comprend), au détriment encore une fois de régions viticoles dont la gastronomie repose, justement sur ce particularisme. Les valeurs ajoutées ont été diluées dans les grands verres de la bêtise. Une pensée unique ça va, trois pensées uniques, bonjour les dégâts ! Alors, on a décidé d’inverser le problème. Tant qu’on nous l’autorise encore. Dans notre prochain numéro, on fera appel à Claude et à Grégory pour nous concocter un menu d’enfer où le vin sera roi. Et on ira franchement sur les commentaires qui font du vin et de la cuisine un mariage passionnant, et sans autre arrière pensée que de rendre hommage à ce qui forge notre culture depuis des millénaires. La télé ne peut pas tout, on va essayer de s’en arranger avec les moyens du bord. 

Dominique Bruillot

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