Ce hors-série existe aussi en Franche-Comté,
avec un contenu identique, sous la marque
Cœur de Comtois.

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 Au plus haut des cieux

 

Quand la réalité rejoint l’imaginaire le plus glaçant, on appelle ça la guerre. L’Ukraine le rappelle avec le bruit des bombes qui la couvrent d’horreur. Pourtant, ce hors-série n’a rien d’opportuniste, il ne doit rien à notre contexte désespérément conflictuel.

 

Au départ, il s’agissait de célébrer les 60 ans du Mirage et son influence incroyable sur la région. Nous voulions saluer cet avion mythique qui a fait la réputation de la BA 102 à Dijon et vit sa fin de carrière à la BA 116 de Luxeuil, promise au Rafale dans quelques années. Le Covid et la crise du papier, nos petites batailles à nous, nous ont contraints à repousser la sortie de ce numéro spécial jusqu’à cette triste fin d’hiver 2022. Alors que les avions, tout d’un coup, se font désirer dans les rangs de l’Europe. Alors que le ciel se noircit des intentions les plus sombres. À le lire sous cet angle, le document prend un sens différent. Car la France n’a plus le choix, elle doit renouer avec son destin de grande nation aéronautique. C’est une question de vie ou de mort.

 

On a donc une pensée pour les pionniers. Fonck, Guynemer et tous les
« as » de l’aviation qui, par leur courage et leur sang froid, par leur audace et leur engagement, ont déjoué les lois de l’apesanteur et réalisé le rêve d’Icare au service de l’art de la guerre. Sans eux, sans Tanguy et Laverdure d’une certaine façon, nous ne serions pas en mesure de croire aujourd’hui en une possible renaissance des valeurs qui font de l’armée, surtout quand elle va vers le plus haut des cieux, la force qui nous protège.

 

La BA 102 a tiré sa révérence dans le milieu des années 2010. Ses bâtiments reconvertis ne sont pas restés inactifs. Certains, sous la gouverne du Bureau des archives et des réserves de l’Armée de l’air et de l’espace (BARAAE), abritent des milliers de dossiers de pilotes, certes, mais aussi d’officiers, mécanos, cuistots, soldats du rang et autres citoyens ayant donné leur temps et parfois leur vie à la patrie. Parmi eux, un certain Antoine de Saint-Exupéry, avec son regard touchant sur un monde cruel et sa passion inconditionnelle des ailes. Sa signature, visible à Longvic, renvoie tout naturellement à cette citation du Petit Prince, qui évoque l’antagonisme saisissant entre ces objets volants merveilleux de technologie et l’usage qui leur est promis : « Toutes les grandes personnes ont d’abord été des enfants. » Pourvu que chacun s’en souvienne.  

Dominique Bruillot

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Les cigognes de la BA116

En 2011, les Mirage 2000 de l’escadron de chasse des Cigognes quittaient définitivement la BA102 de Dijon-Longvic pour la BA116 de Luxeuil-Saint-Sauveur. 
Dix ans après, les Cigognes sont toujours stationnées en Haute-Saône, où se trouve désormais la seule base aérienne militaire opérationnelle de Bourgogne-Franche-Comté. Visite guidée.

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Vol au-dessus
d'un nid de casse-cous

Le mythique escadron 1/2 
« Cigognes » a quitté Dijon à l’été 2011 pour faire son nid à Luxeuil. Dans cette courte migration, il
n’a rien perdu de son excellence ni de ses traditions bien à lui…

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Mirage 2000, légende
de chasse

Longtemps avion le plus performant de l’Armée 
de l’air française, le Mirage 2000 a été détrôné par le Rafale. Mais le monoréacteur conçu par Dassault, 44 ans après son vol initial, reste un avion de légende, cher au cœur de ceux qui l’approchent et le pilotent.

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Qu'est devenue la BA102 ?

La base aérienne de Dijon-Longvic a été dissoute en 2016. L’histoire se poursuit avec la reconversion d’un site qui, à côté des services de l’Armée de l’air encore présents (archives et surveillance radar), accueille
la plus grande école de gendarmerie de France, 
un aéroport civil et des entreprises privées dans les anciens hangars militaires.

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Chez les gardiens
du ciel

À Longvic, l’équipe de l’Antenne des systèmes d’information et de communications aéronautiques (ASICaéro) bichonne ses équipements radars qui surveillent le ciel et les étoiles, faisant ainsi partie intégrante 
du système de défense aérien national.

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La mémoire vive de l'Armée

Un univers de rayonnages,
des constellations de dossiers soigneusement entreposés, 13 km linéaires d’étagères : telle est la vision de qui découvre le BARAAE, le très discret Bureau des archives et des réserves de l’Armée de l’air et de l’espace. Ce service « d’archives intermédiaires » abrite sur le site de l’ex-BA102 une bonne part de la mémoire papier de l’aviation militaire française.

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À l'école de gendarmerie

L’école de gendarmerie 
de Dijon a ouvert en 2016 sur le site la BA 102. Montée en puissance, elle est devenue un des plus importants centres de formation de sous-officiers de la Gendarmerie nationale. À sa tête, le général Pascal Hurtault. Entretien.

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Musée Guynemer, devoir de mémoire

À Trouhans, près de Saint-Jean-de-Losne, 
Jean-Marie Bompy a rassemblé ce qui pouvait être sauvé de la BA 102 pour ouvrir un petit musée de passionné, qui fait vivre la mémoire des grandes heures de l’aérien à Dijon.

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À la base
de la base

Dissoute en 2016 à l’âge vénérable de 102 ans, la base aérienne de Dijon-Longvic est née avec la Grande Guerre. De la création du premier groupe d’aviation (1914) 
à l’arrivée des Mirage 2000 (1984), en passant par l’accueil des premiers Vampire à réaction (1949), la BA 102 baptisée « Capitaine Georges Guyemer » a traversé toute l’histoire de la chasse française. Embarquement immédiat dans
un appareil à remonter le temps…