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Bourgogne Magazine : 25 ans de culte du territoire racontés par son fondateur


Dominique Bruillot, éditeur fondateur de Bourgogne Magazine. © Jean-Luc Petit

Il n’a pas pris une ride. Enfin, c’est ce qu’il croit. Son fondateur et éditeur, toujours au gouvernail, revient sur l'histoire de Bourgogne Magazine et les quelques tempêtes qui ont secoué l’embarcation en un quart de siècle. Le vent est encore avec nous et le culte du territoire toujours là selon Dominique Bruillot.


2020. Antony est responsable du studio graphique. Gaël gère la diffusion et les événements liés à nos magazines. Alexis, déjà rédacteur en chef de DBM, l'autre magazine de notre petite maison d'édition, s'implique dans l’ensemble de nos rédactions. Nos enfants font leur vie, au Luxembourg, dans la région lyonnaise ou plus près de chez nous, dans des métiers différents, mais sans jamais rompre le lien. La Bourgogne est un aimant.


Pour faire ce lien justement, il y a les vieux de la vieille. Geoffroy nous avait rejoints en 1999 à Beaune, tout droit venu de l’île de la Réunion. Aujourd’hui, Bourgogne Magazine c’est lui. Jean-Luc, fidèle entre tous, toujours là entre deux voyages à distiller sa magie de l’image et son amitié qui remonte à plus loin encore. Michel, que l’on a fait venir d’Auvergne au tout début, désormais le plus bourguignon des photographes. Michel, l’autre Michel, homme de radio et de cœur, qui nous régale de sa gentillesse et de son amour des traditions. Le théâtral Éric et le drôle de Bernard, présents depuis les origines, en filigrane, mais régulièrement de retour avec leur curiosité d’artistes et leur sensibilité joyeuse pour les mots et les dessins. Comment, enfin, ne pas oublier celle qui nous accompagne depuis (et pour) toujours, Evelyne, épouse de l’auteur de ces lignes. Elle a su construire sa propre réussite, dans un autre domaine, tout en étant infaillible près de nous, droite face aux coups portés. Qui ont été nombreux.


Le premier numéro de Bourgogne Magazine, en 1995, et le dernier datant de février 2020.

Bravant les tempêtes. Car l’édition est tout sauf un long fleuve tranquille. Surtout quand elle fait le pari du contenu, de la noblesse du beau et du fond alors que tout glisse de plus en plus en surface à l’ère clinique du net et du politiquement correct. 25 ans plus tard, contrairement à ce que des petits malins lui prédisaient, ne lui donnant même pas le cinquième de temps à vivre, Bourgogne Magazine regorge de vitalité. Son papier et son âme ont même pris de l’épaisseur. Son éditeur aussi, mais pour d’autres raisons. La région est généreuse dans l’assiette.


Né à une époque où le peuple français voulait renouer avec ses paysages et son identité originelle, la presse de territoire, celle qui a survécu en tout cas, affiche une vitalité nouvelle. Avec trois fois rien, la révolutionnaire PAO (publication assistée par ordinateur), naissante au début des années 90, ouvrait le champ des possibles. Avec moins de contraintes techniques qu’auparavant, donc moins de moyens à engager, il était devenu jouable de créer des magazines de qualité en province. À condition d’en avoir l’envie et, n’ayons pas peur des mots, un minimum de talent. Le modèle étant né, nous l’avons reproduit partout. Personnellement, sous l’égide d’une petite entreprise clermontoise bizarrement affublée d’un nom anglais, Freeway, ce fut en Franche-Comté avec Pays comtois, dans le sud de la France avec Terres provençales, à l’international grâce à Carnets de Voyage qui nous aura conduits, nous les vieux de la vieille, à parcourir le monde.


D’autres expériences suivront, plus ou moins heureuses. Au Québec, en Corse, dans l’est de la France. En s’étant adossé aussi, quelle regrettable erreur, à un groupe peu en phase avec la philosophie et la sensibilité que requiert la presse de territoire. Tout le monde peut se tromper. L’exercice est donc périlleux. La presse n’a pas bonne presse auprès des banques. Vu de l’extérieur, plus il est abouti, plus notre travail donne aussi une impression de facilité. Il est donc source de convoitises. Malgré une période de quelques mois d’apnée et d'agressions, en 2006 notamment, Bourgogne Magazine a traversé les tempêtes, conservant le même équipage à son bord, vaillant comme jamais.

La carte de notre illustrateur Bernard Deubelbeiss qui a longtemps accompagné les sommaires de la revue.

40 000 pages éditées. 25 ans après sa naissance, tout comme Cîteaux, le magazine se refonde, avec un nouveau format, une nouvelle maquette, un nouveau papier et une détermination intacte. Il ne lâche rien sur le fond ni de son exigence. Contrairement aux apparences, ou aux propos robotisés qu’on nous assène comme des vérités, la quête d’identité n’est pas une tare qui réduit le champ de vision. Elle impose au contraire de la rigueur et de l’engagement ainsi qu’une grande ouverture d’esprit. Plus on se connaît, plus on est curieux de l’autre. Un territoire, à la façon du sol d’un grand cru, est enrichi par la sédimentation. Bourgogne Magazine contient dans son histoire un quart de siècle de sédiments basés sur l’humanité de ses héros anonymes, que nous avons honorés sur papier glacé, privilégiant la profondeur et le désintéressement de leurs actes à la futilité des glorioles passagères ou électoralistes.


Ces anonymes géniaux sont l’ADN de ce territoire, partisans du durable bien avant que ce mot ne devienne à la mode. Ils sont agriculteurs ou vignerons, artistes ou artisans, comédiens ou musiciens, hommes de loi ou de foi, femmes de l’ombre ou de la lumière, animateurs vivants de notre présent ou représentants éternels de notre histoire. Bourguignons de naissance ou pas. On s’en fout d’ailleurs, car là n’est pas le propos. Tous ont en commun le militantisme, la fidélité à leurs paysages et à leur histoire. Pour ça, ils soulèvent des montagnes et nous les aidons en sublimant leurs actes dans ce qu’ils ont de plus noble.

L’album de ces 25 ans à retrouver dans le n°64 n’est qu’une infime sélection des trognes qui ont peuplé quelque chose comme 40 000 pages éditées. En le feuilletant, on entend le bruit des tambours du Bronx, on suit les pensées du marcheur Lacarrière, on s’émeut devant le bazar disparu de Varzy, on se surprend à être surpris par l'inépuisable richesse humaine bourguignonne. À eux, à celles et à ceux qui auraient mérité aussi de figurer dans le casting du quart de siècle de Bourgogne Magazine, nous disons merci. Et, même si nous aurons vraisemblablement bien modifié le nôtre (de casting s’entend), nous leur donnons rendez-vous en 2045.

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