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Nos belles années Saint-Vincent

Notre revue a régulièrement consacré d’importants dossiers aux villages organisateurs de la Saint-Vincent tournante, surtout lorsqu’ils s’inscrivent dans le respect de l’esprit originel de l’événement. Avec une couverture spéciale dédiée, qui contribue à en laisser une trace durable dans les esprits, bien au-delà du rendez-vous de la fin janvier. Petit retour sur nos belles éditions à nous, de 2011 à 2019, qui replacent l’église au milieu du village viticole et Bourgogne Magazine au cœur de l’événement…

Par Dominique Bruillot

2011. Corgoloin - Côte de Nuits (21)

Cette mise en scène du père Frot, curé de la Saint-Vincent et du regretté maire de Corgoloin Jacky Moulin, rappelle les mythiques tiraillements entre Don Camillo et Peppone. La photo en double page fera date. La jovialité sera d’ailleurs de mise au cœur de cette Saint-Vincent qui fera honneur à l’appellation Côte de Nuits villages, à la pointe sud de son territoire, dans un bourg au caractère populaire et viticole.


2012. Climats - Unesco (21)

Dijon, Nuits-Saint-Georges et Beaune réunies dans une seule célébration. C’est « la tournée du patron » puisque, placée sous le signe des Climats, trois ans avant la consécration de ces derniers par l’Unesco. Bourgogne Magazine est aux premières loges, images à l’appui, redonnant le goût des plus belles processions. En noir et blanc c’est encore plus beau !


2013. Châtillon-sur-Seine (21)

La plus pétillante de nos Saint-Vincent. Le Châtillonnais demeure à jamais le fief du Crémant de Bourgogne. En amont de l’événement, on se souvient notamment de cette grande soirée organisée par Bourgogne Magazine, dans un cabaret dijonnais, qui apporta la démonstration éclatante que nos effervescents ont la classe des bonnes soirées. Ce sera aussi l’occasion de découvrir une grande destination viticole encore trop méconnue, voisine intime de la Champagne. Il n’y a pas de hasard.


2014. Saint-Aubin (21)

« Avec son clocher millénaire en tuf, ses 110 cabottes répertoriées, son isolement qui l’éloigne du bling-bling des stars de la Côte… la commune de Saint-Aubin est l’incarnation même de la Bourgogne historique », avions-nous alors écrit, à juste titre. Village-terroir par excellence, qui oscille entre le rouge et le blanc, Saint-Aubin tiendra toutes ses promesses. Au sommet de son art et de ses rues, un banquet exceptionnel concocté pour 600 convives par le duo composé du grand traiteur Dansard et du chef étoilé dijonno-montcellien Jérôme Brochot. Mémorable !


2015. Gilly-Vougeot (21)

Sur la route des moines de Cîteaux, les grands esprits se rencontrent. En amont d’un dossier qui sacralise et le sacré et célèbre la grandeur des vins, Jean-Robert Pitte, en grand spécialiste, revient sur le couple fertile qui unit vin et spiritualité. Moines et vignerons, dans une prière commune, convoqueront la neige le jour de l’événement. Cette Saint-Vincent exceptionnelle aura les couleurs d’un hiver rude, cistercien. La cuvée ronde, réalisée à partir de la mosaïque des faiseurs de l’appellation Vougeot, avait quelque chose de miraculeux. Elle semblait éternelle en son château.


2016. Irancy (89)

Ce village est l’un de nos chouchous. Embarqués à bord par le tandem Richoux-Ferrari, les vignerons de la perle rouge de l’Yonne, réputés pour défendre un territoire peu catholique du point de vue historique, ont eu foi en leur projet. Bien vu. Irancy, ses cerises et son caractère bien trempé, feront de la Saint-Vincent l’une des plus pures et plus sincères Saint-Vincent qui soit. Dans ce beau paysage icaunais, plus laïc que les autres, on aura même profité du rendez-vous pour redonner vie à l’église, qui avait besoin d’un coup de neuf. Amen.


2017. Mercurey (71)

Après l’Yonne, la Saône-et-Loire, à Mercurey. Ce village aux six clochers incarne la formidable progression de la Côte chalonnaise. Dans un vignoble complexe et subtil qui rassemble, slogan à l’appui : « Vive le maire, vive le curé, vive le Mercurey ! » Blague à part, Mercurey n’a rien à envier à ses voisins de la Côte de Beaune et mériterait bien, nous sommes nombreux à le penser, de décrocher le premier grand cru du 71. L’engouement ne sera pas désavoué. Le jour de la Saint-Vincent, quelque 100 000 fidèles prendront part à la procession-dégustation.


2018. Prissé et Saint-Véran (71)

Bien que promise prochainement aux premiers crus, l’appellation Saint-Véran sait garder les pieds sur terre, à l’image du Mâconnais. Ou plutôt dans son terroir, au rythme de la fête et du partage. Le franco-britannique Michael Jones sera le meilleur des ambassadeurs, célébrant de par sa présence la « Saint-Vincent des enfoirés ». Invité par le « taulier » de l’événement et ami musicien Kévin Tessieux, le proche de Jean-Jacques Goldman se produira généreusement sur scène, au profit des Restos du Cœur. Partage, amitié, spiritualité, joie et musique : un beau cocktail qui mérite le plus vigoureux des bans bourguignons.


2019. Vézelay (89)

Au sommet de la Colline éternelle, rien ne se passe comme ailleurs. Cette Saint-Vincent restera extraordinaire à bien des niveaux. Déjà, parce qu’elle consacre l’appellation Vézelay au rang de village. Portée à bouts de bras par l’excellent couple de vignerons de la Croix Montjoie, Sophie et Matthieu Woillez, elle a permis à l’enfant prodige du pays, le grand chef Marc Meneau, disparu le 9 décembre dernier, d’accomplir sa dernière grande croisade pour la Bourgogne. Vézelay, dont le cimetière est peuplé de célébrités incroyables, demeure avant tout une terre viticole. Il convient de le rappeler : le vin a ici précédé toute autre forme de célébration.

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