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Besançon et les rampes à remonter le temps [15H]

01.07.2017

 

 

Ce circuit nous entraîne à la découverte du passé de la plus grande ville de Franche-Comté. Une ville dans laquelle tout se rapporte au temps si l’on prend le temps de l’observer. Tout et beaucoup trop car avec la Citroën Type B2 Torpedo, nous n’avons pas pu tout voir, d’autant que le centre-ville est principalement réservé aux piétons. C’est parti avec notre chauffeur, un homme qui s’y connaît en la matière, puisqu’il est horloger. À la bonne heure !

 

 

Besançon, l’ancienne Vesontio gallo-romaine, blottie dans un méandre du Doubs, affiche une remarquable unité architecturale. Notre chauffeur, « Roland Jacquinot, horloger », comme l’indique une plaque installée dans sa Citroën Type B2 Torpedo de 1923 (lire encadré), nous propose une balade à travers ses rues pour la découvrir autrement, tête en l’air et nez au vent, au rythme lent d’une des toutes premières automobiles françaises produites en série. Rendez-vous sur le parking Chamars, où nous grimpons dans une véritable machine à remonter le temps..

 

 PIERRE DE CHAILLUZ EN PERSPECTIVE 

 

Roland Jacquinot montre du doigt les bâtisses. Elles ont toutes été construites à partir d’un matériau local, la pierre de Chailluz. Ce calcaire bicolore, bleu et beige, également connu sous le nom de « grande oolithe », provient de niveaux géologiques de l’ère secondaire. Les carrières où les ouvriers s’approvisionnaient ont maintenant disparu, mais la pierre de Chailluz a été extraite du sous-sol de la région à partir du XVIe siècle, lorsqu’il a été imposé aux bâtisseurs d’élever les façades sur rue uniquement en pierre. Homogène et non gélive, elle pouvait être travaillée en blocs de grandes dimensions. Cependant, dure à tailler, elle se prêtait peu à la sculpture, ce qui explique l’austérité de la plupart des façades où les décors sont rares. « Lorsque les mots s’écrivent dans la pierre, ils peuvent affronter l’éternité », écrivait Serge Desvigne dans Maria ou les Bastions du temps en 1988. Un roman auquel la Citadelle offre un cadre mystérieux et patiné : « Impassible, secrète comme un gigantesque navire manœuvrant sur cet océan ourlé de zinc et de tuiles vernissées : bâtiments serrés les uns contre les autres, cheminées en vagues éperdues, un clocher çà et là pointé comme un récif traître, la Citadelle dérive dans la nuit, accrochant l’horizon à ses voiles de pierre, redoutable et muette. » Nous sommes en route pour affronter le passé… La voiture de collection de notre chauffeur emprunte d’abord le tunnel sous la Citadelle. Sa construction date de 1996. Il a permis de décongestionner les rues du centre-ville en opérant une jonction directe entre les deux nationales, la RN83 et la RN57. Une véritable bouffée d’oxygène pour les Bisontins, que nous apprécions cheveux au vent, bien que la Citroën ne développe que 20 chevaux. Premier arrêt au square archéologique Castan. Parmi les nombreux jardins patrimoniaux de la ville, celui-ci, à l’anglaise, trouve son origine dans les fouilles entreprises en 1870 par Auguste Castan, bibliothécaire de la ville et archéologue. D’une surface de 1 100 m2, il permet d’admirer des vestiges de la cité antique, monuments et ferronnerie.

 PORTES ET REMPARTS 

 

 

 

À 50 m du square, rue de la Convention, s’admire également la porte Noire, un arc de triomphe romain… blanc ! Élevée dans la seconde moitié du IIe siècle, en l’honneur de l’empereur Marc Aurèle, elle était dédiée au dieu Mars. Derrière elle, la cathédrale Saint-Jean abrite la fameuse horloge astronomique. Exécutée de 1858 à 1860 par un horloger de Beauvais, Auguste-Lucien Vérité, sa précision n’a d’égale que sa complexité : son mécanisme est composé de plus de 30 000 pièces, le tout caché par un meuble orné dans le style néo-Renaissance de l’époque Napoléon III. Face au porche de la cathédrale, en se retournant, on aperçoit dans le toit d’un ancien hôtel particulier du Boutoiset, une fenêtre dont les boiseries accueillent un des nombreux cadrans solaires du vieux Besançon. Mais nous sommes impatients de tester la montée de la Citadelle avec nos 20 chevaux. Le chauffeur, habile et habitué, mais pas forcément rassuré, nous conduit sans difficulté jusqu’aux portes de la forteresse classée au patrimoine mondial de l’Unesco. Le site, chef-d’œuvre de l’ingénieur militaire Vauban (lire encadré), offre des panoramas exceptionnels sur Besançon. Son musée de la Résistance et de la Déportation marque les esprits. Les enfants apprécient toujours la visite du jardin zoologique, qui accueille de nombreuses espèces menacées de disparition. Nous reprenons notre voyage à travers le temps pour observer les fortifications, érigées à toutes les grandes périodes de l’histoire de la ville, qui ont façonné durablement l’aspect de la cité. Mais il y a tant de choses à voir sur la Citadelle, la seule visite des ouvrages défensifs mériterait une sortie à part entière.

 

 TEMPS CONTÉ AU PALAIS GRANVELLE 

 

Après une pause dans le parc Micaud, nous retrouvons Roland de l’autre côté du jardin. Il va nous déposer à proximité du centre-ville car, essentiellement piéton, il ne peut y accéder avec son véhicule. Notre voyage à travers le temps ne peut se terminer selon lui sans un arrêt au musée… du Temps ! Il se trouve dans le palais Granvelle, construit à partir de 1532, qui est le plus beau bâtiment de l’époque Renaissance à Besançon. Il a été bâti par Nicolas de Granvelle, ministre de Charles Quint, et est classé monument historique depuis 1842. Le propos central du musée est l’histoire de la mesure du temps et son prolongement, la synchronisation des fréquences. Il met en évidence l’histoire technique et ses liens avec la société dans une approche de culture scientifique et technique. Il est notamment question des collections d’histoire et d’horlogerie, parmi lesquelles on remarque la montre la plus compliquée du monde, un réveil pistolet du XVIIe siècle et le pendule de Foucault… Nous rejoindrons le parking Chamars avec un goût d’inachevé. Nous aurions pu aller voir l’ancienne école nationale d’horlogerie, l’ancienne usine de montres Dodane, l’observatoire de Besançon, la méridienne de l’observatoire de Besançon, la rue Mégevand (du nom de Laurent Mégevand, un Suisse, qui fonda la première manufacture d’horlogerie de la ville en 1793), d’anciens ateliers et fabriques d’horlogerie… Mais après nous avoir été conté, le temps nous est désormais compté. Il nous faudra revenir une autre fois.

L'AUTO : CITROËN 10HP B2

 

 

La Citroën 10HP B2 est le second modèle d’automobile du constructeur Citroën construit par André Citroën entre mai 1921 et juillet 1926. En juin 1921, la Citroën Type B2 remplace la Citroën Type A sortie en 1919. Elle est dotée d’un moteur plus puissant de 4 cylindres, 1 452 cm³, 20 ch pour 72 km/h, avec une consommation de 8 l d’essence aux 100 km et une boîte 3 vitesses non synchronisée. Le modèle de 1923 utilisé ici est encore muni d’une caisse en bois, avec accélérateur au centre et pas de frein à l’avant. Réputée pour sa robustesse, elle est fabriquée dans l’usine historique Citroën du quai de Javel (renommé quai André-Citroën) dans le 15e arrondissement de Paris, à raison de 200 modèles par jour en 1925, avec 25 carrosseries différentes. Sa production se fait en grande série, comme les Ford T dont André Citroën est allé étudier personnellement le mode de fabrication durant un voyage chez Ford pendant la guerre, à Détroit aux États-Unis. C’est la première voiture à être fabriquée avec une carrosserie « toute acier » à partir de 1924 en Europe. Différents modèles seront commercialisés : limousine (fourgon 4 portes), torpedo (3 portes), sport caddy (poupe en pointe), commerciale (avec un plateau à l’arrière).. 

CITADELLE ÉTERNELLE

 

 

Construite il y a plus de trois siècles par Sébastien Le Prestre de Vauban (1633-1707), ingénieur militaire du roi Louis XIV, la Citadelle de Besançon est considérée comme l’une des plus belles de France. Située sur le mont Saint-Etienne, elle surplombe de plus de 100 mètres la vieille ville enserrée dans un méandre du Doubs, et s’étend sur 11 hectares. Ses remparts longs de près de 600 mètres, larges de 5 à 6 mètres et hauts de 15 à 20 mètres, épousent un escarpement rocheux et offrent des panoramas uniques sur la ville et le cadre naturel d’exception qui l’entoure. Impressionnant et majestueux, le site de la Citadelle est aujourd’hui devenu un haut lieu de culture et de tourisme qui, outre ses constructions anciennes, abrite plusieurs espaces muséographiques, un jardin zoologique, ainsi que de nombreux événements et spectacles, surtout en été. Elle est inscrite depuis juillet 2008, avec les fortifications de Vauban du centre-ville et du quartier Battant, sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco.. 

 

 

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