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Autun, antique et numérique [#57]

Porte du Morvan. Premier site gallo-romain au nord de la Loire, ville d’art et d’histoire abritant une puissante cathédrale romane, patrie de Nicolas Rolin ayant accueilli Talleyrand et le jeune Napoléon Bonaparte, ancien site minier, berceau des bas Dim et des iconiques chaises métalliques Tolix… la commune d’Autun a bien des bagages dans sa chariote. Et compte bien ne pas les abandonner dans la démarche de reconversion qui est aujourd’hui la sienne. Entre patrimoine et tourisme vert, métiers d’art et nouvelles technologies, ville et campagne, cette attachante cité historique a décidé de ne pas choisir.

 VINCENT CHAUVET 
 DES RACINES ET DES AILES

 

 

Tout jeune maire connecté, doté de fortes racines locales, d’une culture de l’entreprise et d’un solide bagage politique, Vincent Chauvet nourrit de grandes ambitions pour sa petite ville. Au programme, un savant mélange de nouveau et d’ancien, dans lequel patrimoine et culture côtoient startups et nouvelles technologies. Entretien. 

 

Pour une petite ville comme Autun, le patrimoine historique est un cadeau du passé autant qu’une lourde charge. Avant de penser à sa mise en valeur, il faut l’entretenir…

Effectivement, durant les prochaines années, quelque 10 millions d’euros vont être investis sur la restauration et la mise en valeur des bâtiments du patrimoine autunois. Ce programme lourd, aidé par l’État et les collectivités locales, portera notamment sur les vestiges gallo-romains de la ville : un gros chantier est prévu sur les 6 km de remparts, dont une petite partie en collaboration avec des propriétaires privés ; des travaux sont aussi programmés sur les deux portes monumentales, ou encore sur le temple de Janus dont les fragilités structurelles sont actuellement à l’étude. Sans oublier l’achèvement par l’État de la rénovation complète de Saint-Lazare, avec l’ouverture prochaine du Trésor de la cathédrale au public.

 

Au-delà de leur simple restauration, comment redonner vie à tous ces bâtiments anciens ?

Nous nous efforçons de leur trouver une nouvelle vocation, muséographique entre autres, mais pas seulement. Dans le cadre de l’extension du musée Rolin par exemple, la prison circulaire du XIXe siècle et l’ancien palais de justice vont être adjoints aux locaux actuels, afin de créer un grand musée doté d’un centre d’interprétation de l’architecture et du patrimoine. Il est aussi prévu de remettre en valeur le jardin public autour du musée lapidaire, actuellement un peu délaissé par les visiteurs. Et de rouvrir la maison Verger-Tarin, un ancien hôtel particulier qui abritait un musée d’art de vivre bourguignon au XIXe siècle, pour en faire une vitrine des savoir-faire autunois, en matière de mobilier en particulier. De même, la rénovation de l’ensemble du chapitre (salle des comptes, cour de la maîtrise, farinier…) permettra d’ouvrir le site aux métiers d’art, la céramique notamment. Ainsi, le cellier du chapitre abritera une galerie où sera exposée la collection de Charles-Adrien Buéno, une des plus importantes du monde en matière d’œuvres d’art céramique contemporaines. D’autres lieux de patrimoine peuvent aussi servir à des projets ayant une dimension plus sociale

. Ce sera le cas de l’ancien hôpital Saint-Gabriel qui va accueillir un projet du type des Grands Voisin à Paris, un lieu de vie aménagé sur le site de l’ancien hôpital Saint-Vincent-de-Paul, qui mélange personnes en difficulté et porteurs de projets. À Autun, on y trouvera des associations aussi bien qu’un accueil de jour, une épicerie solidaire, des salles de formation au numérique ou des locaux pour des startups. 

  

Dans ce contexte patrimonial, quelle est la place des nouvelles technologies ?

Il s’agit en fait de considérer notre centre historique situé sur les hauteurs de la ville comme une acropole au sens étymologique du terme (« ville haute »), en repensant ses flux, sa desserte, son vivre-ensemble. Dans ce cadre, le numérique peut prendre de nombreuses formes : un robot de téléprésence permettant l’accès à la salle capitulaire de la cathédrale par exemple, ou encore la navette électrique sans chauffeur qui a été testée il y a peu et pourrait être mise en service pendant la période estivale pour transporter les touristes. Dans une ville au patrimoine historique si complexe, qualifiée par certains de « scandale archéologique »,
le numérique est aussi un formidable outil pédagogique, qu’il s’agisse du film décryptant le tympan de la cathédrale, d’une reconstitution en réalité augmentée d’un vestige gallo-romain ou de la géolocalisation des bâtiments disparus grâce à l’open data.

 

Comment convaincre vos administrés que le numérique n’est pas seulement la lubie d’un maire trentenaire qui vient de ce secteur professionnel ?

Au-delà des enjeux en matière de patrimoine et de services au public, le numérique est l’outil indispensable au développement d’une petite ville de province comme la nôtre, à la fois aux portes du Morvan et à deux heures de Paris (ndlr, via la gare TGV du Creusot). Notre avenir économique passe forcément par le télétravail, le coworking, les micro-entreprises. Le temps des grosses industries est révolu, nous ne trouverons plus de nouveaux Dim ou Nexans employant 300 salariés d’un coup. Par contre, nous pouvons attirer chez nous 100 entreprises de trois salariés chacune… Pour cela, nous avons besoin d’espaces de travail adaptés et de formations sur place afin de fournir à ces entrepreneurs un environnement économique viable dans un cadre de vie très enviable. 

 

Après une période difficile, c’est la revanche des « petites villes à la campagne » ?

Les petites villes de province ayant su revitaliser leur centre historique et conserver leurs services correspondent bien aux aspirations actuelles de retour à une certaine qualité de vie. D’un point de vue démographique, après une fuite de leur population vers les grandes métropoles dans les années 1990, la situation est en cours d’inversion. Dans ce contexte, le numérique, comme la culture et les métiers d’art, doivent nous aider à attirer de jeunes arrivants actifs. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si Autun accueille les 31 mai et 1er juin prochains les 21es assises de l’APVF (Association des petites villes de France) sur le thème : « Transitions écologique et numérique : les petites villes au cœur de l’innovation ». Celles qui réussiront à prendre ce virage ont encore de beaux jours devant elles

 BIO EXPRESS 

 

​​Né le 24 octobre 1987, Vincent Chauvet est issu d’une famille originaire de La Grande-Verrière dans l’Autunois. Il grandit à Dijon, puis fait ses études à Paris, diplômé de Sciences Po et d’HEC. Très tôt impliqué dans la vie politique, il est membre du bureau national des Jeunes Démocrates (Modem), puis contributeur dans le programme économique de François Bayrou lors de la campagne présidentielle 2012. Il intervient aussi auprès des économistes de l’Union européenne à travers des groupes de réflexion. Colistier du maire Rémy Rebeyrotte aux élections municipales 2014 à Autun, il se présente comme candidat de La République en marche aux élections législatives de 2017, mais est battu par Josiane Corneloup. En juillet 2017, il est élu maire d’Autun et premier vice-président de la communauté de communes du Grand Autunois Morvan, après avoir été consultant en numérique.

 LES MYSTÈRES DE JANUS 

 

Deuxième ville la plus importante de la Gaule après Lyon, Augustodunum fut un centre majeur de la culture romaine en Gaule. Aujourd’hui, l’empreinte gallo-romaine de la ville devient plus lisible grâce à l’action des archéologues de la Ville, de l’Inrap, des universitaires et des associations qui lui redonnent vie.

 

 

Riche de son histoire, la ville d’Autun a toujours regardé sous ses pieds pour y découvrir la richesse de son passé. Les chercheurs du monde entier, remuant  pierres et terre, ont participé à ses multiples fouilles. Depuis les années 80, elle a mis en place un service municipal avec trois spécialistes et ouvert le centre d’archéologie Alain Rebourg, du nom d’un des acteurs les plus significatifs de la recherche archéologique à Autun, décédé en 1999. Aujourd’hui, c’est Yannick Labaune qui a pris le relais, mettant la vie de la ville antique en lumière à travers ses recherches et ses écrits. 

 

 INLASSABLE CHERCHEUR 

 

 

À l’entrée de la ruelle Sainte-Anne, derrière un grillage de chantier, de hauts tas de terre ne laissent rien voir de ce qu’ils dissimulent. Ici, dans quelques mois, après des travaux de drainage, un parking va être construit. Seulement, comme dans toutes les villes d’histoire, avant de bâtir on doit obligatoirement réaliser une expertise archéologique, une fouille préventive, avant de reboucher les tranchées sans rien altérer. La scène est impressionnante : des squelettes de différentes tailles, jaunis par le temps, alignés sur la terre, viennent d’être révélés par Yannick Labaune et son équipe. « Nous sommes face à un cimetière datant de l’époque de l’église paroissiale Saint-Pancrace, construite en l’an 1000, vendue à la Révolution, puis détruite un peu plus tard pour en récupérer les matériaux. Les ossements que nous voyons là devraient dater du XVe siècle. »

Sa vocation pour les fouilles, Yannick la tient depuis longtemps : « Tout gamin, à Paray-le-Monial, je sillonnais les champs et les bois, toujours à l’affût de découvrir quelque chose enfoui sous la terre. » Et ce ne sont pas ses études au Creusot pour devenir ingénieur en mécanique qui vont le faire dévier de son but. Il rejoindra l’université de Dijon pour préparer un master en archéologie. Attiré par la période médiévale, il commence à fouiller sur des chantiers de bénévoles à l’abbaye Saint-Germain d’Auxerre. Ensuite, par le biais de Bibracte, il met un pied dans le monde gallo-romain et finalise son sujet de mémoire sur le petit mobilier métallique (fibules, bronzes…) dans les réserves du musée Rolin d’Autun. La richesse archéologique de la ville va alors s’imposer à lui. 

 

 

 LA GENETOYE REMONTE 
 LE TEMPS 

 

Sa grande découverte, il va la vivre en 2012, lors des fouilles du quartier de La Genetoye, situé en dehors des remparts, à proximité du temple dit de Janus. Le déclencheur, c’est René Goguey, l’un des pionniers de l’archéologie aérienne qui, en 1976, va relancer l’histoire. En survolant le site, l’homme aux 100 000 clichés, à qui l’on doit tant de découvertes, va visualiser les traces d’un théâtre de grande dimension et justifier la mise en place d’un programme collectif de recherche. Soutenus par la Drac de Bourgogne, Yannick et un ensemble d’équipes universitaires venues de Franche-Comté et de Paris-Sorbonne vont reprendre les fouilles et faire bouger les repères. Grâce à des prospections magnétiques et des géoradars, ils vont mettre en évidence un temple, des thermes et le fameux théâtre. « Ensuite les fouilles se sont étendues et les premiers résultats, obtenus en 2013, vont complètement renouveler l’image que l’on se faisait du site avec la découverte de constructions et de vestiges funéraires s’étalant de l’âge de bronze à la période du Moyen Âge. La même année, de nouvelles fouilles alimentent l’hypothèse de l’existence d’un site cultuel de l’époque gauloise, contemporain de Bibracte et donc antérieur à la création de la future ville d’Autun. »

La richesse du site ne se tarit pas, les archéologues mettent au jour un quartier artisanal implanté sur 5 hectares, occupé principalement par des potiers et leurs fours, peut-être installés en dehors de la ville par peur des incendies. Mais aussi des traces de l’occupation du site avant l’époque gallo-romaine. Grâce à l’archéologie, Augustodunum n’a pas dit son dernier mot.

 PISTILLUS EN 3D

 

Les figurines en terre cuite gallo-romaines n’auront bientôt plus de secret pour Loïc Androuin, étudiant en master d’archéologie en stage au service archéologique de la ville d’Autun. À terme, plus de 500 pièces autunoises, moules et statuettes modelées mélangés, vont passer au crible de son scanner 3D pour former un corpus numérique. Une solide base d’étude qui permettra d’en savoir plus sur leur production, leur usage et leur diffusion bien au-delà d’Augustodunum.

 

 

Sous le halo bleu du scanner tridimensionnel à lumière structurée, Loïc Androuin passe une par une les pièces de son mobilier archéologique au crible d’un motif lumineux dont la déformation va générer une image en volume. Un simple nuage de points au départ, que l’ordinateur se chargera ensuite de mailler afin d’obtenir un clone numérique de l’objet en 3D. Soit 10 à 15 minutes d’acquisition des données à chaque fois avant de passer à l’objet suivant… Et ils sont encore plusieurs centaines à attendre. 

 

 SUIVRE LES FIGURINES 
 À LA TRACE 

 

« L’objectif est de travailler sur la majeure partie des moules et des figurines retrouvés à Autun, qu’il s’agisse des pièces issues du fonds ancien de la ville ou de fouilles plus récentes. Avec le quartier artisanal de La Genetoye, le faubourg d’Arroux où a été découvert l’atelier de Pistillus et la rue des Pierres, on dispose de trois espaces de production distincts qui pourront être comparés. Tout comme on pourra confronter nos figurines avec celles d’autres centres de production importants comme l’Allier ou Gueugnon », explique l’archéologue en herbe, tout heureux d’avoir trouvé un stage aussi « appliqué », dans l’un des deux seuls centres archéologiques municipaux de la région (le second est à Besançon).

Et de préciser le protocole de ses nouvelles recherches : « Le sujet de ces figurines en terre cuite n’a que peu été étudié depuis les années 70. Avec ce nouveau corpus numérique, de nouvelles perspectives s’ouvrent à la recherche. Grâce aux possibilités que nous donne l’informatique, nous allons pouvoir systématiquement comparer les objets, rapprocher certains moules et certaines figurines… On devrait en tirer des informations sur la façon dont ces objets étaient produits, utilisés et diffusés. » Loin d’être le fruit d’un petit artisanat local, il ressort déjà que ces figurines étaient produites en grand nombre par des ateliers spécialisés où le partage des tâches entre le créateur du prototype, le facteur du moule et le reproducteur était déjà de mise. Et qu’elles voyageaient loin, comme l’affirmait déjà Camille Jullian dans son Histoire de la Gaule où il fait mention de « l’Éduen Pistillus, potier qui passa maître dans le genre familial, remplissant toute la Gaule de mères pouponnières, d’enfants au berceau, de lits domestiques, de chiens gardiens du foyer. »

 

Au-delà de ses objectifs scientifiques, notre jeune archéologue ne perd pas de vue les autres avantages offerts par la 3D qui lui ouvre de nouvelles portes en matière d’animation mais aussi de vulgarisation : « L’impression 3D de nos modèles numériques rend l’objet archéologique manipulable et accessible par tous, c’est un grand progrès. Au FabLab d’Autun par exemple, on peut facilement faire une reproduction de moule en PLA [acide polylactique, un plastique à base d’amidon de maïs] avec lequel des enfants pourront ensuite reproduire eux-mêmes une figurine en pâte à modeler. » Le genre même d’atelier à retrouver lors des Journées nationales de l’archéologie, alors que le centre d’archéologie d’Autun se transformera en village des sciences et que Loïc emmènera le public au pays des trois dimensions.

 LÉGION VIII AUGUSTA 

 LA VOIE ROMAINE

 

Basée à Autun, l’association Légion VIII Augusta s’est donné pour mission de transmettre ses connaissances sur le monde romain au public par le biais de l’animation historique. Une passion qui a poussé Bruno Poirrier, le régisseur du théâtre d’Autun, à se mettre régulièrement dans le costume et la peau d’un presque authentique légionnaire romain antique.

 

 

Légion créée après la mort Jules César, la Legio VIII Augusta s’est ralliée à Auguste et a contribué à la conquête et au maintien de la paix dans l’empire. Dès 70 après J.-C. elle s’installe à Mirebeau-sur-Bèze (Côte-d’Or), puis à Argentorate (Strasbourg de nos jours) pendant plus de trois siècles.

 

 RÉGISSEUR LA SEMAINE, 

 LÉGIONNAIRE LE WEEK-END 

 

En 1995, près de vingt siècles après sa création, la Légion VIII Augusta renaît de ses cendres à Albi sous l’impulsion d’un universitaire. Aujourd’hui cette association basée à Autun (lire encadré) compte 130 adhérents venus de toute la France, de Belgique, de Suisse et du Portugal, pour faire revivre l’histoire, l’archéologie, le patrimoine, les langues et les sciences et techniques de l’époque romaine.

Parmi ces légionnaires à temps partiel, Bruno Poirrier, vient de prendre du galon en étant nommé optione (le second du centurion, chargé de l’alignement de la troupe en mouvement). Malgré cette double vie, il préfère ne pas mêler glaive et projecteur, ni légion et équipe technique : « Mon entrée à la légion, je l’ai vécue comme un passage. Celui de l’homme de l’ombre et des coulisses à celui d’acteur en pleine lumière, diffuseur de l’histoire. » Une histoire que Bruno va potasser, fouillant dans les textes anciens de l’architecte romain Vitruve ou du mathématicien grec Héron d’Alexandrie afin d’exposer au public les techniques des ingénieurs de l’Antiquité. Dans le cadre de journées d’animation pour les musées, les collectivités locales ou les écoles, lui et ses compagnons légionnaires vont ainsi pouvoir activer leurs connaissances au sein d’un atelier d’ingénierie. À peine fini les manœuvres militaires et les tirs d’artillerie, Bruno présente des appareils de mesure, manipule du matériel utilisé pour les travaux publics : la groma et ses quatre fils à plomb, le chorobate, un niveau de six mètres de haut, ou encore la dioptra, ancêtre de nos instruments d’arpentage.

 

 LE SOLDAT ROMAIN ÉTAIT EN BLANC 

 

​Dans l’Antiquité, pour être enrôlé dans la légion romaine, on devait savoir lire et écrire. Et, l’armée ne fournissant que le bouclier et un pilum (javelot romain), être en mesure de payer son équipement. Il en est de même aujourd’hui pour les membres de l’association, qui doivent financer eux-mêmes leur tenue : pas vraiment un uniforme (dans l’armée romaine, chacun pouvait aménager sa tenue à sa guise), même si on y retrouvait souvent les mêmes pièces d’équipement. 

Le légionnaire débutant du troisième millénaire se voit remettre une tunique blanche (elle est rouge uniquement dans les films, et verte dans les bandes dessinées) et prêter une tenue vestimentaire de base qu’il devra restituer. Le reste de l’équipement devra être mis sur une liste des courses : casque, armure, ceinture, glaive, javelot, bouclier, sandales (caligæ)… L’addition peut être salée quand on sait qu’il faut compter entre 100 et 2 500 euros pour un glaive, les plus authentiques étant fabriqués en Allemagne par des artisans spécialisés. 

La rigueur historique est l’un des maîtres-mots de l’association en matière de reproduction ou de reconstitution. Fabriqués sur la base de fouilles archéologiques et de documents historiques, tous les équipements, les machines de guerre et le matériel, sont vérifiés et analysés par les chercheurs de l’association avant d’être présentés au public. « Parmi mes plus beaux souvenirs, il y a les Journées romaines auxquelles nous participons chaque année à Autun et où nous partageons notre passion avec des milliers de spectateurs. Ou, plus simplement, un départ vécu tôt le matin, pour une marche expérimentale en compagnie de quelques membres venus du sud de la France qui nous ont rejoints à Autun. » Toutes ces prestations remplissent Bruno de joie. À tel point tel que sa femme Claudine est devenue membre sympathisante de l’association, et que son fils Barnabé pense que papa a un nouveau métier !  

 SOUS LES LUMIÈRES DE LA RAMPE 

 

Chaque été depuis 1985, la ville d’Autun se raconte en son et lumière sur une des plus grandes scènes de France, son théâtre antique. Alain Lavault, un des pionniers de l’aventure, évoque son parcours de bénévole et déroule le fil de cette histoire.

 

​​Qui est-il, où va-t-il, quel est son nom, son âge, son vrai visage ? Depuis presque quatre décennies, Alain Lavault se faufile à travers le temps, aimant s’y amuser, s’y attarder, s’y perdre. L’acteur bénévole a débuté son jeu en 1985, lors du défilé, dans la peau d’un ours qu’il n’a pas dû tuer, se métamorphosant ensuite au fil des années en druide, en aide de camp de César, en chanoine et même en Égyptien !

 

 FREGOLI ANTIQUE 

 

Issu d’une vraie famille de menuisiers-charpentiers autunoise, Alain Lavault a exercé le métier de charpentier pendant trente et un ans (de 1969 à 2000), créant sa propre entreprise avec une trentaine de salariés. À son actif, de grands travaux pour le patrimoine comme la nef de la cathédrale d’Autun. Ce savoir-faire sera du pain béni pour la future réalisation des spectacles. 

Tout a commencé en 1985 lors du bimillénaire de la ville. Le maire de l’époque, Marcel Lucotte, très impressionné par le son et lumière vendéen de Philippe de Villiers, désirait frapper un grand coup. Avec l’aide de Florence Heuillard, son adjointe à la culture, et Andrée Alix-Coudray, la directrice de l’événement, il décide la mise en place d’un grand défilé à travers la ville. Quatre thèmes différents, de l’époque gallo-romaine aux années 2000, seront déclinés sur quatre week-ends de l’été. C’est là qu’interviennent les forces vives de bénévoles déjà bien investis dans les amicales et fêtes de quartier. Avec leur savoir-faire, leur enthousiasme et surtout leurs chars décorés, ils vont donner corps à la grande manifestation. « Tout a vraiment bien marché, et nous aussi ! Je me souviens du week-end médiéval, il faisait si chaud qu’avec ma peau d’ours sur le dos j’ai perdu 7 kilos, mes griffes s’étaient littéralement remplies de sueur. » 

 

 DES PLANCHES AUX PLANCHES 

 

Fort de cette réussite, ces Autunois ne veulent pas en rester là. Sous la houlette de la ville, la fête continuera au théâtre antique sous la forme d’un son et lumière réalisé par Jean-Claude Baudoin. Alain Lavault va retrouver ses planches et ses clous pour construire les décors du spectacle Il était une fois Augustodunum, qui restera à l’affiche pendant 16 ans. « Très vite, il a fallu s’organiser. Je dessinais les décors dans un coin de mon entreprise, et les construisais avec une équipe de fondus dans un atelier municipal. Au départ, les costumes étaient assemblés chez La Ptite Jeannette, un ancien magasin de vêtements mis à notre disposition. Les 400 costumes ont été fabriqués à Autun. » Des costumes qu’il fallait réparer et recoudre assez souvent si l’on en croit l’intensité des combats. Il faut préciser que le rôle des légionnaires romains était interprété par les élèves du lycée militaire et celui des barbares par des jeunes d’Autun ! 

En 1998, l’association Augustodunum, présidée depuis 10 ans par Michaël Guijo, reprend le flambeau et met en place de nouveaux spectacles : Le Voyage de Murcie, La Quête de la paix et Jules César. Depuis l’an dernier, elle innove avec Augustodunum entre ombres et lumières, un voyage dans la vie quotidienne des Gaulois de Bibracte, des Romains et des barbares, avec au final la visite des grandes familles des ducs de Bourgogne. Pendant deux heures, 230 acteurs – ne dites pas figurants – costumés et non déguisés vont chaque soir faire traverser le temps à des milliers de spectateurs (pas moins de 300 000 depuis les débuts du son et lumière). 

 

 LA DUCHESSE À L'ABAT-JOUR 

​Parmi ces bénévoles passionnés venant de tous les horizons, Martine, la compagne d’Alain, s’est prise au jeu, tour à tour dame gauloise, dame romaine et, pour le final, duchesse de Bourgogne, parée d’une coiffe extraordinaire. Confidence : il s’agit en fait d’un abat-jour retourné magnifiquement décoré, ou l’art de « faire tout avec rien ».

Pour l’heure, Alain, désormais en retraite, prend du temps pour améliorer ses futurs décors, étudier ses prochains rôles : « Je n’ai pas vraiment le trac. C’est assez excitant de se glisser dans la peau d’un personnage. On pense à son histoire, son caractère, sa manière de marcher… On est comme protégé par cette enveloppe qui n’est pas la nôtre, alors on peut s’amuser et amuser les autres. » Peut-être pourrez-vous l’apercevoir parmi les 600 personnages présents sur scène. Au départ, il joue le laboureur gaulois, puis il effectue un passage rapide en sénateur, avant de revenir plusieurs fois sous les traits de Caius Julius Diviciacus, le père de la mariée ! Et si dans la multitude vous ne l’avez pas reconnu, cela ne vous empêchera pas de passer une superbe soirée.

 

Augustodunum entre ombres et lumières, les 1, 3, 4, 8, 10 et 11 août 2018 au théâtre antique d’Autun (début du spectacle à 22 h) - Plein tarif : 19 € - www.augustodunum.fr

 SAINT-LAZARE 

 PÉLERINAGE EN RÉALITE VIRTUELLE 

 

Difficile d’imaginer qu’en plein chœur de la cathédrale Saint-Lazare s’élevait autrefois une autre église en modèle réduit toute parée de marbres rouge, noir et blanc : un mausolée en fait, celui des prétendues reliques de saint Lazare qui, au Moyen Âge, attirait les fidèles suivant un parcours très codifié. Bientôt, grâce à la magie de la réalité virtuelle, les visiteurs du musée Rolin pourront revivre pas à pas l’expérience d’un pèlerin.

 

 

Si n’existe aujourd’hui plus rien du formidable mausolée qui occupait les deux tiers du chœur de la cathédrale Saint-Lazare d’Autun, les fouilles complétées en 1991-92, ainsi que des écrits anciens (1) nous en disent long sur le dispositif spectaculaire mis en place par l’Église pour présenter les saints restes de Lazare aux pèlerins. 

 

 SPECTACULAIRE RÉSURRECTION 

 

Le mausolée proprement dit, accolé au maître-autel, avait lui-même la forme d’une église, avec abside et transept dont la croisée était sommée par un clocheton ; la hauteur totale du monument était de six mètres environ. Le décor extérieur était d’une extrême richesse, constitué d’une variété de pierres et de marbres colorés, créant ainsi l’aspect d’une gigantesque châsse d’orfèvrerie : des pilastres et leurs chapiteaux décorés de feuillages et de masques grotesques embellissant l’élévation à deux étages de cette église en modèle réduit. Dans ce décor extraordinaire, le pèlerin suivait un parcours immuable, ritualisé et mis en scène : passage sous le tympan du portail latéral (aujourd’hui disparu) représentant la résurrection de Lazare ; première halte à une chapelle pour se recueillir devant le coffre en bois qui avait contenu la dépouille du saint ; seconde halte dans le sanctuaire pour une offrande, « or, argent, cire, blé ou autres oblations » selon les moyens de chacun ; l’entrée dans le saint des saints peut alors commencer : genoux fléchis, notre pèlerin descend les trois marches qui plongent dans le bras gauche du transept de la mini-église pour passer sous le sarcophage en écailles rouges et ressortir de l’autre côté (déposés sur leur brancard, certains malades y passent même la nuit). Là, dans une semi-pénombre, le fidèle découvre à la lumière des bougies une chambre voûtée d’ogives où cinq figures sculptées presque grandeur nature rejouent la résurrection de Lazare, alors qu’à la tête du sarcophage, le Christ fait un geste ample, le bras droit levé… Un « tableau vivant » qui, à l’époque romane, devait produire son effet. Émergeant du passage souterrain, le pèlerin faisait une dernière halte devant un autre reliquaire où la tête et un bras de Lazare, détachés lors de la translation, étaient exposés.

 

 UN PÉLERIN DU MOYEN-ÂGE 

 

Démoli en 1766, cet incroyable mausolée n’a laissé aucune trace visible dans la cathédrale, mais revit aujourd’hui grâce à la pièce qui lui est consacrée au musée Rolin, à deux pas de là, où de nombreux fragments sont exposés en vitrine à côté d’une maquette en bois fort évocatrice de l’ensemble. Une première reconstitution en volume, qui a donné lieu à une représentation numérique en images de synthèse, en attendant la suite en numérique : un projet développé en partenariat avec Orange devrait permettre de proposer aux visiteurs du musée de chausser un casque de réalité virtuelle pour s’immerger dans ce décor médiéval disparu et de revivre pas à pas l’expérience d’un pèlerin de l’époque. Un formidable voyage dans le passé que le musée Rolin espère pouvoir lancer dès les prochaines Journées du patrimoine, en septembre 2018.

 

(1) En particulier une enquête du XVe siècle diligentée pour prouver l’authenticité des reliques d’Autun face aux prétentions d’Avallon et à la concurrence de Vézelay.

 DES TÉLOTS À L'INDUSTRIE 4.0

 

Gauthey Automatismes, c’est avant tout la belle histoire d’une entreprise familiale commencée il y a plus de 50 ans par Arsène, employé de la mine des Télots reconverti dans l’électricité générale. Aujourd’hui, Julien et Pascal, ses deux petits-fils, poursuivent l’aventure technologique depuis Autun en partant à l’assaut de l’industrie 4.0.

 

 

Passé les voûtes gallo-romaines de la porte d’Arroux et le franchissement de la rivière du même nom, la petite route de Saulieu quitte soudainement la ville, filant tout droit à travers de verts pâturages. Dans cet environnement bucolique, Gauthey Automatismes se tient en bord de chaussée, entre anciens corps de ferme et nouveau hangar en bardage métallique. À l’arrière de l’entreprise, par-delà l’Arroux, le quartier Saint-Pantaléon laisse apercevoir le bâtiment vert et blanc de Dim comme on dit toujours ici (désormais Hanes France), phare de l’industrie autunoise devenu moins étincelant qu’auparavant (1). 

Plus que dans ses grosses usines, l’avenir économique d’Autun est désormais aux mains de ces petites entreprises à forte valeur ajoutée capables d’innovation technologique. Les pieds bien enracinés dans le terroir et la tête tournée vers les technologies de pointe, Gauthey Automatismes en est un peu le prototype. 

 

 GAUTHEY DE PÈRE EN FILS 

 

Dès l’entrée dans le hall d’accueil, une vitrine à la gloire d’Autun et de son histoire donne le ton : ici, on est Morvandiau depuis des générations, et fier de l’être. Pêle-mêle, on y découvre des fossiles de l’autunien, une ancienne lampe de mineur sauvée des Télots(2), ou encore un antique automate programmable des années 1970, improbable amas de composants électroniques de la taille d’une télévision, aujourd’hui remplacé par un processeur interchangeable format timbre-poste. Il faut dire que le métier a bien évolué depuis 1958, année où Arsène Gauthey, responsable du service électrique de la mine qui vient de fermer, fonde la société Électricité Gauthey et Fils, rue de Paris à Autun. Les fils en question, Guy puis Marc, prennent sa succession en 1979, alors que l’électronique fait son apparition et se développe par le biais de cartes bidouillées manuellement avec les moyens du bord. En 1992, face à l’évolution du marché, l’entreprise va naturellement se diviser en deux, avec, d’une part, l’électricité générale pour le bâtiment et l’industrie, et, d’autre part, les automatismes industriels destinés aux constructeurs d’ensembles mécanisés. Dirigée par Marc, la société Gauthey Automatismes était née, elle poursuivra son développement dans différents métiers comme l’agroalimentaire, le traitement de l’eau, les câbleries, la mécanique lourde, et bientôt une première affaire à l’export en Angleterre dans le domaine de la sidérurgie. 

 

 SAVOIR-FAIRE INTERNATIONAL 

 

Reprise en 2009 par la troisième génération, Pascal et son petit frère Julien, l’entreprise familiale compte de nos jours plus d’une quarantaine d’employés – ingénieurs, techniciens, monteurs, câbleurs – couvrant les domaines de l’informatique et de l’électricité industrielle, mais aussi la gestion de process, la commande numérique, la robotique, la vidéosurveillance ou encore les réseaux. Cette organisation par métiers a ouvert de nouveaux horizons à Gauthey Automatismes, qui réalise près de 60 % de son chiffre d’affaires à l’international, principalement au travers des grands groupes pour lesquels l’entreprise autunoise travaille (Michelin, Veolia, ArcelorMittal, Saint-Gobain…). Avec quand même un goût toujours marqué pour des collaborations technologiques remarquables avec des entreprises régionales, comme l’intégration d’un robot dans une ligne d’encartonnage de bouteilles pour le domaine Collovray & Terrier dans le Mâconnais, ou encore le développement du Cobomanip, un robot collaboratif capable de soulever des charges lourdes, conçu par Sarrazin Technologies, une PME de Perrecy-les-Forges spécialisée dans la mécanique industrielle. 

Ici pourtant, l’amour du pays n’empêche pas l’ouverture sur les autres. À l’entrée du bureau d’études, prochainement agrandi et réaménagé en bois du Morvan, le panneau d’information porte toujours des nouvelles des équipes de Gauthey Automatismes parties installer leurs armoires d’automates aux quatre coins du monde. Ce jour-là, la photo d’un tandem d’ingénieurs autunois posant avec des ouvriers indiens ravis suite à la mise en route d’une machine spéciale dans une verrerie industrielle. Aussi sûr que l’eau de l’Arroux voyagera jusqu’à l’Atlantique via la Loire, Gauthey Automatismes sait voir au-delà des frontières de sa province chérie. 

 

(1) Berceau de la marque Dim depuis 1956, le site d’Autun comptait en 2015 un effectif d’environ 850 salariés, contre près de 2 000 au début des années 1980.

(2) La mine des Télots a exploité du schiste bitumineux à Saint-Forgeot, à la limite d’Autun, de 1865 à 1957.

 ANNE-LAURE ROTY 

 L'ART DE FAIRE TAPISSERIE 

 

Installée à Autun depuis trois ans, la jeune compagnon tapissière ne regrette pas un instant d’avoir posé ses outils à deux pas de la cathédrale, après un tour de France qui a pris des allures de tour du monde. Avec d’autres défenseurs du savoir-faire artisanal, elle incarne à merveille le renouveau des métiers d’art dans l’Autunois-Morvan.

 

Depuis la rue, à travers les grandes vitres de son petit atelier-boutique de la rue des Bancs, le spectacle est toujours présent. Qu’il s’agisse de cligner des yeux sur les patchworks d’échantillons de tissus multicolores accrochés aux murs, de rêver devant le galbe d’une chaise Louis XV, ou d’admirer les gestes précis de la tapissière clouant des sangles en toile de jute sur une banquette ancienne, rembourrant un fauteuil à rénover avec du crin animal. 

 

 SOIE BRODÉE 
 ET IMPRIMÉS BRANCHÉS 

 

Dans cette bonbonnière textile au capharnaüm rigoureusement étudié, les pièces anciennes signées par les grands maîtres ébénistes de la tradition française côtoient les meubles années 50 hérités d’une grand-mère, les soies brodées de style Empire se mélangent aux tissus d’ameublement Jean-Paul Gaultier, la passementerie s’acoquine avec les rideaux et les coussins. Là, la jeune artisane accueille le chaland avec un grand sourire, toujours prête à partager sa passion et ses coups de cœur. Après un bac Arts appliqués à Nevers et un BTS Design textile à Roubaix, cette Morvandelle originaire de Villapourçon (Nièvre) opte finalement pour le métier de tapissier, préférant vivre sa passion pour le textile en travaillant sur la matière plutôt que devant un ordinateur. Et d’entamer un tour de France du compagnonnage qui va lui prendre six ans et l’emmener bien au-delà de l’Hexagone : Paris (où elle enchaîne Versailles, Disneyland et l’hôtel Coste), Londres, Reims (où elle restaure des montgolfières), Lyon, Saint-Étienne, Sydney, re-Londres… Sa formation achevée, l’envie de s’installer en électron libre la titille. Un business plan plus tard, le retour aux sources de son Morvan s’annonce, ce sera Autun, tout naturellement. 

« “Une perle de culture dans un écrin de verdure”, l’écrivain Paul Cazin avait bien raison », annonce derechef la tapissière en (déjà) bonne ambassadrice autunoise. Après trois années d’exercice à son compte, Anne-Laure sait qu’elle a fait le bon choix. « J’ai été vraiment bien accueillie, d’autant que les gens connaissent le métier ici : il y a eu jusqu’à seize tapissiers à Autun, il n’y en avait plus un seul quand je suis arrivée. Dès le départ, les Autunois, dont beaucoup possèdent encore des meubles anciens, ont joué le jeu et sont venus me voir. Depuis, ma clientèle s’est élargie, avec des gens qui viennent de Dijon, de Beaune ou du Creusot ; des Hollandais amoureux de beaux objets, très curieux de mon métier ; des Parisiens aussi bien sûr, qui ont souvent récupéré une maison de famille dans le Morvan. » 

 

 LE REVIVAL DES MÉTIERS D'ART 

 

Ex-présidente de la Jeune chambre économique d’Autun, l’artisane loue également le cadre de vie et l’ambiance qui règnent dans la ville : « Le quartier ancien a beaucoup de cachet, mais on y trouve aussi beaucoup de solidarité. Dans cette ville d’art et d’histoire où les associations facilitent les réseaux, le patrimoine attire les métiers d’art comme un aimant. On y sent un véritable regain d’intérêt pour les savoir-faire traditionnels et le haut de gamme, qui se traduit par le succès de certaines formations notamment. » Il est vrai que cette ancienne « ville du meuble », qui conserve quelques beaux fleurons de cette industrie (les matelas Ducal désormais aux mains du groupe belge Veldeman et le mobilier métallique Tolix), a su préserver ses filières d’apprentissage. Au lycée Bonaparte, on prépare toujours des bacs pros en tapisserie, des CAP en restauration de meubles anciens, et même des DN MADe (Diplôme national des métiers d’art et du design), une formation bac+3 peu courante en France où Anne-Laure intervient en tant que responsable de l’atelier tapisserie. Bref, la relève est assurée, promise au bel avenir en perspective des métiers d’art à Autun. C’est en tout cas ce à quoi la jeune Anne-Laure Roty se prépare dès aujourd’hui.

 

 

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