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Apidis, expansion « dard-dard » [#60]

 

 

Bzzzz. Le numéro 3 français de l’activité apicole est une entreprise 100 % familiale et dijonnaise, née il y a près de 130 ans de l’esprit créateur d’un distillateur. Aujourd’hui, Apidis surfe dare-dare sur une nouvelle et impressionnante Miellerie (en cours de finalisation) et profite de l’élan de sympathie dont bénéficient les abeilles. Leur valeur ajoutée a même piqué d’intérêt l’ex-ministre Bleu-Blanc-Rouge Arnaud Montebourg, devenu entrepreneur Bleu Blanc Ruche.

 

La rénovation du musée des Beaux-Arts s’achève. Que pensez-vous du résultat ?

En terme architectural, je suis très fier du résultat, mais j’attends quand même avec impatience de voir les œuvres accrochées. À ce stade, ce que j’en ai vu est formidable. Les murs partagent une même couleur sang-de-bœuf, qui fait ressortir les toiles, celles de Ming notamment, de manière extraordinaire. Le musée est maintenant vraiment un musée moderne, confortable et accueillant. Il dispose d’une magnifique salle d’exposition et de vente à l’entrée, et d’un accès direct aux expositions temporaires, qui pourront être payantes, je le précise. J’ai juste un petit regret, j’aurais aimé surélever un peu plus l’extension au-dessus du bâtiment XIXe siècle (ndlr, qui fait face à la place de la Sainte-Chapelle), mais ça n’a pas été possible. Ce dernier étage ne sera donc pas accessible en ascenseur.

 

Ce projet au long cours a-t-il pris une dimension particulière après votre maladie ?

Oui, bien sûr, je me suis demandé il y a un an si je le verrais achevé, ce qui n’était pas assuré. Quand une maladie de cette importance vous tombe dessus, vous faites forcément le bilan de ce que vous avez réalisé, de ce qui reste. De ce qui restera. Je me disais surtout, sans fausse modestie ni prétention, que j’avais construit pas mal de choses à Dijon, mais que je voulais vraiment avoir la chance de voir renaître le musée. Ça m’a tenu. Je crois pouvoir dire que c’est l’œuvre la plus gigantesque, la plus grandiose en quelque sorte, que j’ai osé entreprendre. J’en suis très fier.

 

Aviez-vous mesuré l’ampleur de la tâche en commençant le projet ?

Absolument pas ! Avant d’être élu, en 2001, j’ai beaucoup discuté avec Emmanuel Starcky, le directeur de l’époque qui m’a sensibilisé à la situation dégradée du musée, à son côté vieillot, à la donation Granville*, mal exposée. Arrivé à la mairie, j’ai tout visité. Je monte les étages, et je découvre des œuvres stockées dans des conditions lamentables, des dessins de François Devosge (ndlr, fondateur de l’école de dessin et du musée des Beaux-Arts de Dijon à la fin XVIIIe siècle) rangés à la verticale dans des classeurs à dessins, entreposés dans des salles où la température grimpe à 40 °C en été. C’était poussiéreux, sale, malgré l’action des agents. Il n’y avait même pas de sécurité incendie, ce qui m’a paniqué. Robert Poujade, mon prédécesseur, était bien conscient du problème, il avait fait réaliser de nombreuses études – sans exagérer, il y avait près d’un mètre cube d’études ! – mais n’avait pas poussé plus loin.

 

Qu’est-ce qui rendait ce chantier si compliqué ?

L’imbrication des opérations. Par exemple, la trésorerie municipale était installée dans la tour de Bar, il fallait la déménager pour récupérer les locaux. Il en allait de même avec les bureaux de l’administration, qu’on a déplacés à la Nef. Il a aussi fallu construire des réserves, un bâtiment formidable, où les 7 000 pièces des collections sont en sécurité. La phase d’étude de programmation a également été extrêmement longue. Et puis, il faut aussi reconnaître ma responsabilité : je n’ai pas voulu que l’on ferme le musée pendant les travaux, ce qui a obligé à réaliser deux phases de travaux distinctes, et à fermer successivement les différentes salles du musée. Au final, ce projet se sera déroulé sur trois mandats, avec dix ans de travaux ; dix ans durant lesquels il ne s’est pas passé un mois sans que le dossier du musée des Beaux-Arts ne soit évoqué.

 

En dix ans, le projet a-t-il évolué ? Oui, nous avons modifié de nombreuses choses, et dû nous adapter aux exigences et contraintes des bâtiments historiques qui abritent le musée. Le plus gros changement concerne la muséographie. Initialement, le projet consistait à utiliser la cour de Bar comme point de départ de différents parcours, avec plusieurs entrées. Mais ça, c’était avant les attentats, et le renforcement des contraintes de sécurité. Il n’y a donc qu’une entrée au musée, et nous ne sommes pas parvenus à concevoir un parcours totalement cohérent chronologiquement entre les œuvres, du fait de la complexité de la circulation au sein des bâtiments. Pour l’anecdote, nous avons aussi modifié le sol prévu pour la cour de Bar : Yves Lion, l’architecte retenu lors du concours, voulait mettre des plaques de fonte, ce qui aurait été magnifique. Mais hélas, totalement invivable en été, où la température aurait grimpé à des sommets. Finalement, nous avons opté pour un béton très spécial, à teinte rouille.

 

Quels souvenirs personnels en garderez-vous ?

Ils sont très nombreux, le chantier a été l’occasion de discussions passionnantes, sur comment rendre le musée aussi écologique que possible, ou sur des sujets aussi précis que l’utilisation, ou pas, de portes coulissantes. La tournée de nos fabuleux pleurants aux États-Unis a aussi été un grand moment. Il y a aussi la donation Granville, que j’adore, mais qui était si mal présentée. Pour changer ça, j’ai appris qu’il fallait obtenir l’accord des donateurs, en l’occurrence Kathleen Granville, la veuve de Pierre. Et curieusement, il existait une espèce de crainte dans les services de la Ville d’aller parler avec elle. Je vous rassure, ça s’est très bien passé. J’ai discuté de longs moments avec elle, pour lui expliquer en détail ce que nous voulions faire, et alors qu’on m’avait assuré qu’elle refuserait tout changement, elle s’est montrée très allante. La donation Granville est maintenant superbement mise en valeur. En jouant avec les contrastes et les rapprochements, les peintures cubistes y côtoient les masques africains.  

 

* Fruit de quatre donations consenties par Pierre et Kathleen Granville, un couple de collectionneurs parisiens, entre 1969 et 2006 (un millier d’œuvres au total), elle permit au musée de se doter d’une remarquable collection d’art moderne..

L’insatiable promoteur du Made in France et chantre du génie en bleu-blanc-rouge n’aura pas mis longtemps pour rebondir sur un terrain sucré. Avec Bleu Blanc Ruche, il crée sa marque bio, installe une école nationale à Dijon et noue des liens avec Apidis. Arnaud Montebourg est ruche et célèbre.

L’insatiable promoteur du Made in France et chantre du génie en bleu-blanc-rouge n’aura pas mis longtemps pour rebondir sur un terrain sucré. Avec Bleu Blanc Ruche, il crée sa marque bio, installe une école nationale à Dijon et noue des liens avec Apidis. Arnaud Montebourg est ruche et célèbre.’idée, en soi, n’a rien de révolutionnaire : « Les consommateurs, par leur appui symbolique, quelques centimes par pot, contribuent à améliorer la rémunération des ruches, augmenter son cheptel, créer de nouvelles colonies et contribuer au repeuplement en abeilles dans notre pays. » Voilà, tout est dit. Du Montebourg dans le texte. Avec le génie marketing en plus d’avoir appelé son entreprise sans murs Bleu Blanc Ruche. L’ancien ministre s’est juste entouré d’un grand nom du réseau des apiculteurs, Paul Fert, et de Sophie Ricard, une ancienne du groupe SEB spécialisée dans le marketing. « Bleu Blanc Ruche, une marque de combat, une marque de miel innovante, unissant les consommateurs et les apiculteurs », claironne avec ce ton si particulier celui qui, après avoir vécu les fantasmes d’une candidature à la présidence de la République, se sent plus à l’aise dans la conquête du cœur de la monarchie bourdonnante.

 

 170 MILLIONS D'ABEILLES ! 

 

La démarche part d’un constat alarmant : « 25 % des ruches n’ont pas survécu à l’hiver entre 2011 et 2016 ; on constate une baisse de 75 % du nombre des insectes volants en Europe depuis 30 ans, une Europe à laquelle il manque d’ailleurs quelque 13 millions de ruches. » Une paille, plus amère que sucrée. Pour répondre au leitmotiv de « Repeuplons ensemble la France en abeilles », Bleu Blanc Ruche vise la constitution d’un réseau de 3 400 ruches et envisage de faire bosser 170 millions d’abeilles. À bon compte, certes, mais pour la bonne cause, car elles s’engagent dans la production de 12 miels de repeuplement à partir de 12 espèces végétales différentes. Paul Fert assure le cahier des charges, en amont, de ces apiculteurs made in France, « justement rétribués » (c’est un minimum), pleinement engagés dans une démarche bio et de qualité. Parallèlement, l’EHEA (École des hautes études en apiculture) qu’il installe à Dijon portée la Seraf (Société d’élevage et de repeuplement des abeilles de France), accompagne les apiculteurs du réseau « BBR ». Roi des slogans, maître de cérémonie hors pair, mobilisateur talentueux, même s’il peut parfois agacer par son style démonstratif, Arnaud Montebourg apporte une fois de plus la preuve qu’un vrombissement bien positionné, ça peut faire tilt. Mais entre la production du miel et sa commercialisation dans des réseaux captifs, il manque un maillon, celui du conditionnement. C’est comme ça que l’homme sandwich du Made in France s’est assuré les compétences d’une entreprise bourguignonne pour emballer ses beaux produits, et pas n’importe laquelle : Apidis. La boucle est donc bouclée. Que vive la France, vive le miel, vivent les abeilles, vive la Bourgogne !

 

 

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