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Bernard Thévenet, « boit-sans-soif » au Bourgogne Vélo Festival [#62]

Pédale douce. Invité à reconnaître le parcours des Boit sans soif qui sera l’une des cinq randonnées du premier Bourgogne Vélo Festival, Bernard Thévenet a fait parler ses mollets et son palais. Il n’y a pas à dire, le vélo est un sport formidable qui aiguise la fierté d’être français, révèle nos paysages et sublime l’art de vivre en mode sportif. Un petit peloton de vieilles gloires de la petite reine a donc remis ses gourdes en ordre… 

 

 

Le vélo est magique. Il n’est pas besoin de pédaler jusqu’à l’essoufflement total pour participer à l’effort collectif. L’auteur de ces lignes en sait quelque chose. Bien qu’il se nomme Bruillot, c’est un hasard, tout comme le créateur du Bourgogne Vélo Festival, Ludovic Bruillot. Tout comme lui, hasard toujours, il est d’AOP bressane. Mais votre serviteur préfère descendre les côtes plutôt que de les monter. Surtout si elles sont chalonnaises, de Nuits ou de Beaune. À base de pinot ou de chardonnay. Pardonnez ce réflexe très bourguignon, il n’empêche pas d’avoir une indéfectible passion pour ce sport magnifique qu’est le cyclisme.

 

 Nanard au guidon 

 

Ceci étant posé, si le vélo est magique, c’est qu’il peut transformer votre vie. Au moment de l’adolescence, lire Antoine Blondin, dans Miroir du cyclisme, peut déclencher en vous une véritable vocation. Si c’est cela être journaliste, si cela revient à retranscrire avec des mots justes la douleur épique de ces « forçats de la route » (dixit Albert Londres, notre papa à tous !), alors oui, soyons journaliste ! Surtout si les paysages se mettent à votre service, que les scénarios les plus improbables et les émotions les plus fortes se déroulent sous vos yeux, en direct. En témoigne encore la dernière édition du Tour de France, mémorable en tout point, irradiée par le panache des Français. Cocorico !

La Grande Boucle, justement, il l’a gagnée deux fois. Millésimes 75 et 77. Il a fait plier des monstres sacrés comme Merckx et Ocaña. Dans les roues de Poupou, il est même devenu ce « Nanard » adulé par tout un pays, dont on ne refera pas ici la carrière, tant la petite reine lui a tout donné, de joies comme de peines. Mais l’iconique Bernard Thévenet semble être resté le même au fond de lui. Il y a encore dans sa façon de parler, de se montrer bienveillant, un peu de ce brave gamin de Saint-Julien-de-Civry en Saône-et-Loire, né dans une ferme à laquelle il ne semblait pas pouvoir échapper et qui, ironie du sort, avait pris siège dans un hameau au nom prémonitoire : le Guidon. À peu de choses près, si quelques dirigeants d’un club cycliste local n’avaient pas un peu forcé la main de ses parents, Nanard serait resté aux champs. Là où il était attendu…

 

 

 

Arrêt au stand à la cave coopérative de Lugny : bonne humeur et chardonnay avant de reprendre le guidon.

 

Vallonnés et roulants, charmeurs et gourmands,
les paysages du Tournugeois ont été créés
par le dieu du vélo. 

Ludovic Bruillot n’a donc pas eu grand mal à convaincre le champion de venir en repérage d’un parcours taillé sur mesure pour les amoureux de la Bourgogne, celui des Boit sans soif. D’abord, parce que ces paysages du Tournugeois ont été créés par le dieu du vélo. Ronds et boisés, vallonnés et roulants, charmeurs et gourmands, ils ont en eux les critères d’une expédition œnotouristique bien menée. Ensuite, parce qu’une bande de « vieilles » gloires du cyclisme régional a voulu participer à l’événement : Alain Pradier, fondateur de La Bourgogne Cyclo et du Grand Prix de Chardonnay ; Lucien Matron, figure emblématique du club centenaire de Chalon-sur-Saône ; Robert Borey, vice-président de l’UVC. Dans la voiture suiveuse, l’ex-pro Éric d’Allarmellina, dont la carrière fut écourtée par un dramatique accident de la route et Dominique Bruillot (l’autre, le frère de Ludovic, pas votre serviteur), tout juste opéré du genou. Un bien joli peloton.

 

 Remettre les gourdes en ordre 

 

« À 70 balais, j’aimerais bien avoir encore des mollets comme ça », dit Ludo en matant les jambes du Nanard. Ce dernier, avec un étonnement qui n’est pas feint, ne peut s’empêcher de commenter une première halte devant le panneau de la commune de Chardonnay : « On ne s’en rend pas toujours compte, mais un nom comme celui-là est connu dans le monde entier. » Eh oui, il faut savoir se resituer en toute circonstance. Ce parcours des Boit sans soif est conçu pour remettre les pendules à l’heure et les gourdes en ordre. Une pause au bar de la cave coopérative de Lugny nous enseigne ainsi que, question dopage, le crémant de Bourgogne n’est pas le plus nocif des produits.

Dans ce parcours d’une cinquantaine de kilomètres, qui sera l’une des cinq randonnées proposées par la première édition du Bourgogne Vélo Festival (lire encadré plus bas), sans doute la plus « touristique » au double sens du terme, un temps sera consacré au repas, sur les hauteurs, au Clos du Grand Bois, un respectable domaine viticole tenu par les Lafarge. On n’y fera donc pas que manger. La cave des vignerons de Mancey (et hop ! encore un), puis le musée du Vélo, contribueront à parfaire ensuite sa connaissance des crus et de la petite reine. En option digestive, on pourra aussi faire un crochet par le site médiéval de Brancion et son château. Ce site semble avoir été inventé pour Game of Thrones. Il se termine par une petite grimpette qui mène à l’un des plus beaux panoramas de la Bourgogne, non sans rappeler au passage ce qu’est la dure réalité d’un coup de pédale quand le pourcentage s’accentue. Nanard s’en accommode parfaitement, sans forcer la dose ni rechigner. Il signe même des autographes. Puis le champion contemple le paysage. Comme au premier jour de sa carrière, il semble se dire que, décidément, la France est un bien beau pays. Quitte à en (re)faire un Tour.

Bourgogne Vélo Festival

 

Pour sa première édition, le Bourgogne Vélo Festival se déroulera les 14 et 15 septembre 2019 dans la région de Tournus. Porté par l’association Ride in the Red Zone présidée par Ludovic Bruillot, l’évènement a pour objectif de valoriser les atouts de la Bourgogne du Sud tout en faisant la promotion du vélo loisir. Cette année, pour les célébrations du millénaire de l’abbaye Saint-Philibert, c’est la ville de Tournus qui accueillera le festival. Avec un village d’exposants, des randonnées vélo, des animations ludiques, des dégustations et des rencontres, le festival est à la portée de tous : adultes ou enfants, amateurs de vélo, compétiteurs ou simples visiteurs. À chaque édition, l’organisation souhaite reverser une partie des recettes à une association à but non lucratif, en l’occurrence World Bicycle Relief pour cette première, une structure qui a pour objectif de faciliter l’accès à la pratique du vélo dans les pays en développement.

 

Programmation complète sur www.bourgognevelofestival.cc

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